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    Le 14-08-2016 / 18.40       VERSION IMPRIMABLE DE CET ARTICLE



    Séquelles sociales et écologiques du soja transgénique en Argentine

    Séquelles sociales et écologiques du soja transgénique en Argentine
    Par Olivier Morin

    Après des décennies d’instabilité politique et de crise économique, l’Argentine se retrouve au début des années 1990 dans l’impossibilité de rembourser sa dette externe qui atteint plus de 45 milliards de dollars. Pour répondre aux exigences des organismes financiers internationaux, le pays a libéralisé son secteur agricole et encouragé les investissements étrangers. En 1996, l’arrivée sur le marché du soja transgénique, résistant aux herbicides à base de glyphosate, provoqua une véritable révolution dans l’agriculture argentine. Le soja transgénique a connu un succès instantané et s’est vite répandu partout au pays, occupant maintenant 54 % de toutes les terres cultivées. Cette métamorphose de l’agriculture argentine a entraîné d’importantes conséquences sociales et écologiques. Les terres agricoles se concentrent entre les mains des grands propriétaires terriens. Le nombre de fermes a diminué de 30 % et la superficie moyenne des exploitations agricoles est passée de 250 à 538 ha. Le soja transgénique nécessite 30 % moins de main-d’œuvre que les cultures traditionnelles et le chômage agraire atteint des sommets. Entre 1991 et 2001, la population rurale a diminué de 13,5 % dans certaines régions, les petits producteurs délaissent leur terre et tentent leur chance du côté des villes. Les cultures vivrières sont abandonnées pour semer du soja dédié à l’exportation, le prix des denrées alimentaires augmente et on observe une recrudescence des problèmes de malnutrition.

    Avec l’exploitation à grande échelle du soja transgénique en monoculture, les sols se dégradent. En l’absence de plan de fertilisation adéquat, 3,5 millions de tonnes de nutriments sont puisées annuellement des sols argentins sans être remplacées. La conversion des terres pour l’agriculture sur les sols fragiles a accentué les problèmes d’érosion dans certaines régions. Les forêts cèdent leur place aux cultures de soja. Le taux de déforestation annuel moyen en Argentine, l’un des plus élevé au monde, atteint 1,35 %. Avec la perte et la fragmentation des surfaces forestières, les habitats se dégradent et la biodiversité s’effrite. Entre 1996 et 2005, les émissions annuelles de carbone liées à la déforestation ont atteint 20,875 Gg C/an. La consommation d’herbicide à base de glyphosate est passée de 13,9millions de litres en 1996 à 200 millions de litres en 2008. Les utilisations répétées du même herbicide ont entraîné l’apparition d’une tolérance chez certaines mauvaises herbes. Le glyphosate est devenu omniprésent dans les écosystèmes, affectant les organismes aquatiques et terrestres et créant des problèmes sanitaires chez les populations humaines. Devant ce portrait inquiétant, des acteurs du secteur public et de la société civile tentent d’implanter des alternatives au modèle du soja transgénique. Le climat est tendu entre les producteurs de soja et le gouvernement central de Buenos Aires. Cependant, plusieurs projets mis sur pied en collaboration avec les agriculteurs démontrent qu’une agriculture rentable, en équilibre avec les écosystèmes et socialement équitable est possible.

    Figure 2.2 La Pampa et les écorégions de l’Argentine : l’expansion du modèle, transgénique.

     

     

     

     

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