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    LES IMPORTATIONS

     
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    Le 13-09-2018 / 10.56            





    LA FAUTE AUX MARCHES: LES FV N'ONT SURTOUT RIEN A VOIR LA-DEDANS

     le poids du soja

    Dépendance et enjeux

    Le soja a été la star de l’agriculture mondiale ces dernières années. L’envolée des importations de la Chine traduit le rôle clé de cette matière première pour l’essor des productions animales. La France a réduit sa consommation, mais sa dépendance reste forte. Face aux besoins du non-OGM, le développement des cultures protéiques en France et dans l’UE, dont le soja, est un défi d’actualité.

    L’Union européenne (UE) importe la quasi-totalité de ses besoins en soja, sous forme de graines et tourteaux (un total de 32 Mt en 2014/2015), ne récoltant seulement que 1,9 Mt de graines. En France, la faible couverture par la production nationale est tout aussi criante. La récolte, de 272 000 tonnes en 2015, n’équivaut, exprimée en équivalent tourteau, qu’à 5 % de la consommation intérieure de soja (3,55 Mt en 2014/2015). Le Brésil domine de loin les importations françaises. Outre les pays voisins de l’UE détenteurs d’outils de trituration et donc offreurs de tourteaux, l’Argentine, le Paraguay et l’Inde se détachent. Les États-Unis jouent un rôle modeste. Une diversification apparaît toutefois avec des flux notables de colza et de tournesol, où l’origine « Ukraine » est fortement présente.

    La consommation recule

    La consommation de tourteau de soja en France a baissé de 19 % en dix ans. En 2014/2015, elle représentait près de 45 % du volume des trois principaux tourteaux (soja, colza, tournesol utilisés directement en élevage ou dans les aliments composés), contre 65 % dix ans auparavant. Dans le même temps, le tourteau de colza, a affiché une croissance remarquable (+75 % à 2,7 Mt) tandis que la récolte de tournesol doublait (+115 % à 1,5 Mt). Ces deux tourteaux représentent respectivement 35 % et 20 % des tourteaux consommés. La progression du colza a été tirée par l’essor de la production de graines destinées à la production de bio-diesel. Celle du tournesol a été soutenue par les ressources locales et des ressources disponibles croissantes à l’importation.

    En revanche, l’utilisation des pois et féveroles en alimentation animale s’est effondrée de 85 % pour atteindre seulement un peu plus de 100 000 tonnes. Les récoltes ont chuté et le débouché « export » pour l’alimentation humaine a pris le dessus.

    Selon l’enquête d’Agreste sur la composition des aliments composés toutes espèces en France, la part du tourteau de soja est de 13,3 %, celle de la graine de soja de 0,5 %. Chez les fabricants produisant majoritairement des aliments pour porcins, la part du tourteau de soja est plus faible, à 7,4 % (entreprises produisant plus 150 000 tonnes d’aliments par an), en recul de 3 points entre 2006 et 2012. Le tourteau de colza est bien le challenger du soja avec un taux d’incorporation de 5,5 % en 2012.

    La croissance de l’offre de matières premières alternatives, parmi lesquels les tourteaux de tournesol riches en protéines, a érodé la part du soja, tout comme l’adaptation de la formulation afin de réduire les rejets azotés. L’intérêt technique et économique du recours aux acides aminés de synthèse (lysine, méthionine, tryptophane, thréonine...) a aussi été, à cet égard, un levier de changement majeur.

    Le paramètre non-OGM

    Avec un volume estimé à 400 000 tonnes (TerresUnivia), les importations de tourteaux non-OGM représentent près de 11 % de la consommation de tourteaux de soja en France (aliments composés et utilisation directe à la ferme). Selon Pascal Tillie (JRC 2015), 7 % des aliments composés pour les porcs sont certifiés « non-OGM » ce qui implique le recours à des sojas « non-OGM » ou à des matières premières alternatives permettant d’éliminer le soja. Le prix tourteau non-OGM est alourdi par une prime notable, ce qui provoque une hausse de 25 % par rapport au prix du « conventionnel ». L’approvisionnement pour ces sojas non-OGM tracés depuis l’origine, fait appel à un nombre restreint de pays (Brésil, Inde). Ceci suscite des interrogations quant à l’évolution de leurs disponibilités sur le marché mondial et leur surcoût.

    Un plan protéines

    La France est ainsi confrontée à un lourd déficit en protéines pour l’alimentation animale et à des besoins de matières premières garanties « origine locale » et « non OGM ».

     

    C’est dans ce contexte qu’a été mis en place un « plan protéine» sur la période 2015-2020, avec comme objectif de développer les cultures de soja et protéagineux, dans le cadre de la nouvelle PAC (rotation des cultures, diversification). Les aides à l’hectare visent à donner un coup de pouce à une culture qui bénéficie par ailleurs d’un intérêt agronomique notoire (bilan de l’azote).

    La production destinée à l’alimentation animale doit relever le défi de la rentabilité face aux débouchés de l’alimentation humaine (lait de soja, tofu, boulettes de viande...), soit près de 40 % des utilisations du soja français.

    L’organisation de filières régionales du champ à l’élevage, assurant la contractualisation de la culture et la valorisation des produits, avec des outils de transformation (comme dans le Sud-ouest et le Centre-ouest), est aussi déterminante.

    Le défi du « soja français » est à relever.

    Hervé Marouby

    herve.marouby@ifip.asso.

    Document de synthèse des échanges: voir page 39 pour ce qui concerne les Tourteaux de soja

    Analyse de cette synthèse : A venir

     

     

     

     

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